Ressources pédagogiques
Espace Langues

slogan

Carrefour des langues
Italien
Langues à faible diffusion

Les ressources de l'ESPE

Accueil » Carrefour des langues » Outils et infos » Renseignements

>>Apprendre une autre langue que l’anglais, pourquoi et comment ?

Question provocante peut-être, mais qui pourrait finalement devenir courante, compte tenu des chiffres qui montrent que près de 80 % des élèves français choisissent d’apprendre l’anglais en primaire. Les politiques affichent certes la volonté de proposer une offre diversifiée, mais la demande sociale tend vers l’anglais pour tous. Les conséquences économiques de cette évolution ont été mises en relief dans un rapport commandé par le Haut Conseil de l’évaluation de l’école.

En effet, la position hégémonique d’une langue entraîne des transferts vers les pays où la majorité de la population l’a comme langue maternelle. Cela signifie par exemple que les anglophones n’ont pratiquement pas besoin d’apprendre d’autres langues, d’où une économie de temps et d’argent mais aussi une position dominante dans les situations de conflit et de négociation, qui se déroulent en anglais.

Le rapporteur François Grin, professeur à l’Université de Genève, chiffre les transferts ainsi réalisés en milliards d’euros. Il propose deux scénarios alternatifs au « Globish » pour tous : Le premier est la promotion de l’esperanto qui deviendrait la langue d’échange généralisé. Cette langue artificielle étant beaucoup plus facile à apprendre qu’une langue naturelle, on pourrait s’attendre à d’importantes économies. De plus, l’effort de traduction serait le même pour tous les pays. Néanmoins, il semble peu réaliste de miser sur l’esperanto, qui soulève encore beaucoup de résistances.

Le deuxième scénario mise sur un plurilinguisme véritable. Beaucoup moins économique, parce que les efforts d’apprentissage et de traduction resteraient les mêmes, il présente néanmoins l’avantage d’être plus juste : les transferts entre les pays se feraient d’une façon plus équilibrée.

Le Haut Conseil estime donc que « tout devrait mis en œuvre pour rendre effectif, avant qu’il ne soit trop tard, le scénario du ‘plurilinguisme’ ».
Une concertation des pays européen et un volontarisme politique très fort semblent indispensables si l’on veut préserver les chances d’établir un vrai plurilinguisme en Europe. La Communication sur le multilinguisme adoptée récemment par la Commission européenne pourrait marquer un pas dans la bonne direction.

Les conclusions du Haut Conseil rappellent celles de Claude Hagège qui, dans L’enfant aux deux langues (Odile Jacob, 1996), insistait sur la nécessité d’organiser l’échange massif de professeurs au niveau européen pour favoriser l’apprentissage des langues dès le primaire. Hagège voulait par ailleurs exclure l’anglais des langues étrangères apprises à l’école primaire.

L’avis du Haut Conseil (pdf)
Le texte du rapport Grin (pdf)
La communication sur le multilinguisme

© ESPE de l'Académie de Paris - Tous droits réservés
Site réalisé avec SPIP
squelette
RSS